Lit

/

13 janvier 2015

Le lit, mille façons de le partager !

Publié par

Un lit pour deuxLe sociologue Jean-Claude Kaufmann se penche, dans son nouveau livre « Un lit pour deux, la tendre guerre » chez JC Lattès, sur le lit et la façon d’y cohabiter.  Chacun y aurait des usages parfois très exotiques. Il est à noter que le lit n’est pas seulement le lieu du sommeil ou de l’amour mais il est aussi le révélateur de notre intimité où chacun y développe ses habitudes et ses activités aussi tout autant diverses qu’exotiques. En effet, Jean-Claude Kaufmann constate que chacun occupe très différemment son espace qu’il soit en couple ou non et qu’il s’agisse d’un lit de femme ou d’homme.

Pour ce livre, un appel à témoins a été lancé et à rassemblé 200 volontaires pour témoigner sur ce sujet qui touche vraiment les gens. Les témoignages sont quasi tous de belles surprises et l’on peut y lire que l’une s’entoure de mille objets aimés, un autre y prend 80% de la place, un autre affirme que c’est toujours autour du lit que se jouent les échecs amoureux, une mère transforme le lit en havre de réconfort pour ses enfants qui dorment mal…

Il semble aussi que nous dormons comme l’enfant qu’on a été, ainsi, notre position dans le lit reflète souvent la façon dont l’enfant a été porté, contenu, serré. Ceci explique pourquoi certains dorment enlacés et d’autres dorment étendus ou en séparant en deux lits leur couche parentale.

A chacun son lit serait une idée d’avenir. En effet, au lit comme dans la vie, nous rêvons de vivre tout près de l’autre, dans un petit monde d’amour et de caresses mais en même temps nous voudrions rester pleinement nous-mêmes, sans entraves, avec nos propres rythmes et habitudes et exprimer notre bien-être sans être gêné par le conjoint. L’avenir verra sans doute augmenter la diversité des pratiques au nom de la tendance globale à l’individualisation. Jean-Claude Kaufmann estime que « nos nuits, la manière de les vivres ensemble, seront de moins en moins toutes semblables l’une à l’autre ». Il prédit également une intensification de la chambre à part. Ce tabou de la chambre à part devrait tomber avec le temps et une partie importante de sa recherche y est consacré. De nombreux volontaires ont livré des témoignages passionnés de leur lutte pour faire accepter leur choix de chambres séparées car ils rencontraient beaucoup d’incompréhensions et de sous-entendus stigmatisant. En effet, le lit matrimonial a encore quelque chose de sacré alors que les manières de vivre en couple se démultiplient. Certains témoignages ont expliqué que la chambre séparée avait été une manière de sauver leur couple, puis de le redynamiser car le désir de proximité reste toujours là mais il s’exprime ailleurs comme en s’invitant dans le lit de l’autre, en développant des rituels compensatoires. (Source : Sonia Deprez – Fémina 12.01.2015)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *