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9 juin 2015

Troubles du sommeil : Des traitements spécifiques

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L’insomnie peut être atténuée voire supprimée avec une excellente hygiène de vie. Comme nous l’avons vu dans la première partie de ce dossier sur les troubles du sommeil. Cette hygiène de vie aura pour but principal de limiter le stress et l’anxiété, et de favoriser l’endormissement.

Pour conclure ce dossier, nous allons voir les traitements spécifiques pour les différents troubles du sommeil.

Insomnie

Il existe différentes solutions pour lutter contre les insomnies légères : techniques de relaxation, yoga, tai chi, acupuncture, sophrologie, méditation. Il existe aussi des traitements à base de plantes, de compléments alimentaires contenant des oligo-éléments (rubidium, magnésium, manganèse, cobalt) ou des remèdes homéopathiques. Un médecin généraliste pourra vous orienter vers le plus approprié de ces traitements.

Pour les insomnies lourdes ou les troubles persistants, un médecin peut prescrire un traitement médicamenteux adapté. Si certains médicaments favorisent l’endormissement et le sommeil profond, ils ne guérissent pas l’insomnie. Ils sont donc souvent prescrits sur une période courte. L’usage régulier de certains médicaments peut même avoir l’effet inverse de celui recherché : à l’arrêt du traitement, l’insomnie peut réapparaître et être plus sévère qu’auparavant. Plusieurs classes de médicaments sont utilisées pour leurs propriétés hypnotiques et sédatives comme les benzodiazépines, la zopiclone et le zolpidem, l’alimétazine ou les antihistaminiques.

L’insomnie lourde est souvent liée à une anxiété profonde et peut être traitée par une psychothérapie.

Hypersomnie

L’hypersomnie idiopathique et la narcolepsie ne peuvent pas être guéries mais il existe des traitements pour contrôler certains symptômes et atténuer les somnolences diurnes excessives. Plusieurs traitements doux sont réalisés à base de plantes (ginseng, millepertuis, rhodiole, réglisse, ginkgo biloba). Ces plantes ont des propriétés stimulantes : elles accroissent les capacités physiques, boostent les fonctions cérébrales, améliorent la concentration et stabilisent l’humeur. Ces traitements aux plantes se trouvent sous forme de tisanes, de gélules ou d’extraits de plantes standardisées (EPS).

Suivant leur sévérité, l’hypersomnie idiopathique et la narcolepsie peuvent nécessiter un traitement médicamenteux à base de psychostimulants comme le modafinil, le méthylphénidate, la dextroamphetamine (Dexamphetamine) ou le mazindol. Là encore, il est évidemment indispensable de consulter un médecin généraliste ou de prendre conseils auprès d’un pharmacien avant tout traitement. D’autant que ces maladies sont assez complexes et demandent de la persévérance de la part du patient.

Parasomnie

Il existe deux formes de traitement pour lutter contre le somnambulisme. L’hypnose donne des résultats très encourageants, en seulement quelques séances. Et le patient peut aussi poursuivre son traitement à domicile avec des cassettes d’autohypnose. L’autre solution est un traitement médicamenteux avec des benzodiazépines ou certains antidépresseurs. Ils permettent de supprimer certaines crises de somnambulisme.

Pour lutter contre le bruxisme (contraction des maxillaires, claquements ou grincements des dents), les dentistes recommandent la pose d’une gouttière de plastique dur. Cet appareil moulé à partir d’une empreinte des dents va permettre de les protéger. Les différentes techniques de relaxation sont aussi régulièrement testées, comme des traitements médicamenteux (benzodiazépines / antidépresseurs) qui vont diminuer le stress et améliorer le sommeil. Suivant les patients, ces traitements se révèlent plus ou moins efficaces.

Il n’y a pas de traitement spécifique contre la somniloquie (le fait de parler en dormant). Mais ce trouble résulte, comme d’autres, d’une grande anxiété et doit être traitée comme telle, par de la relaxation ou avec des médicaments adaptés.

Pour les enfants, l’énurésie (le fait d’uriner dans son sommeil) peut être traitée en douceur avec différentes mesures éducatives et hygiéniques : ne pas trop boire le soir, supprimer les couches et responsabiliser l’enfant, encourager l’enfant à aller aux toilettes avant de se coucher, etc. A partir de 6 ans, le traitement peut se faire avec des médicaments à base de desmopressine.

Pour les terreurs nocturnes (réveils soudains par des cris de terreur), il n’y a pas de traitement spécifique. Les parents doivent intervenir le moins possible et laisser l’enfant se rendormir. Les terreurs nocturnes, comme la plupart des troubles de parasomnie, touchent principalement des enfants et des adolescents, et disparaissent avec l’âge.

Respiration

Les apnées du sommeil peuvent avoir de multiples causes et il existe une grande variété de remèdes. Si aucun médicament ne permet de les supprimer, certains traitements peuvent aider à réduire ses apnées, en particulier si elles sont dues à une rhinite allergique (des corticoïdes par voie nasale peuvent réduire le nombre d’apnées). La prise d’un médicament antireflux (de type omeprazole) peut aider aussi à réduire les apnées.

La solution la plus efficace est le traitement par ventilation à pression positive continue (PPC ou CPAP). Un appareil insuffle de l’air en continu par le nez, grâce à un masque que l’on porte la nuit. Il existe aussi la solution d’un appareil buccal. Il s’agit en fait d’une gouttière moulée par le dentiste que l’on porte également dans son sommeil. Elle est aussi appelée orthèse mandibulaire, et maintient la mâchoire inférieure et la langue vers l’avant, ce qui facilite le passage de l’air.

Pour les apnées du sommeil lourdes et dangereuses et pour les ronflements, il est possible aussi de procéder à une opération chirurgicale. Chez les enfants, l’opération des amygdales et des végétations adénoïdes est assez courante. Il y a d’autres opérations chirurgicales, qui vont se concentrer sur la luette, le palais, les cloisons nasales et les sinus. Dans les cas les plus graves de respiration obstruée pendant la nuit, la trachéotomie est parfois envisagée.

Plus récemment, une nouvelle solution chirurgicale est apparue contre les apnées du sommeil : la pose d’un appareillage pour stimuler le nerf grand hypoglosse, qui est le nerf des muscles de la langue. Les premiers résultats sont très prometteurs.

Enfin, les apnées du sommeil et les ronflements étant parfois liés à une surcharge pondérale, certaines personnes doivent tout simplement perdre du poids et mieux adapter leur alimentation à la nuit et au sommeil.

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